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Ciney

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Ciney - Raconte-moi ton histoire...

La capitale du Condroz est principalement réputée pour ses marchés aux bestiaux et ses foires aux antiquités.
Ciney est une plaque tournante du sud du sillon Sambre-et-Meuse. La Nationale 4, la Charlemagne et l'autoroute E411 en font un noeud routier tandis que la ligne Bruxelles-Luxembourg la place sur une des plus importantes liaisons ferroviaires du pays. Cette ligne de chemin de fer est une des premières du pays et a indéniablement assuré la prospérité de Ciney.

Située donc au carrefour des grands axes, elle est aussi traversée par la grand-route Liège-Huy-Dinant. Son origine remonte à l'époque romaine, mais, dès le XIème siècle, c'est par cette chaussée que les marchands liégeois, et même ceux de toute la Principauté, se rendent en France. Bien sûr, ce trafic n'est pas sans influence sur la petite bourgade condruzienne dont le développement économique est ainsi favorisé.

Au Moyen Age, on peut affirmer que Ciney était une bourgade formant un centre ou était plus exactement un marché agricole.

A cette époque il y a, autour des villas gallo-romaines, une agglomération de modestes maisons habitées par des cultivateurs et des artisans. La position et le rôle de Ciney répondent donc parfaitement à la définition d'une Ville Médiévale. Ces Villes Médiévales apparaissent le plus souvent comme des centres administratifs, laïcs ou ecclésiastiques.

Or depuis le XIème siècle, Ciney était le siège administratif et judiciaire de la Mairie du Condroz, et de ses trente-deux hauteurs. L'influent chapitre des chanoines de la Collégiale Sainte-Marie, qui avait juridiction sur plusieurs paroisses voisines, siègeait aussi dans cette ville. Enfin, Ciney était la capitale du grand bailli du Condroz et exerçait forcément un pouvoir attractif sur un territoire assez étendu.

  • Au XIV° siècle

La ville de Ciney possède peu d'archives : la Cité fut entièrement détruite en 1150 et en 1276 (Guerre de la Vache).
Cette guerre eut pour origine, du moins en apparence car les vrais mobiles sont ailleurs, le vol d'une vache, exposée en vente sur la voie publique. Cet incident futile, qui met tout à coup Ciney en vedette, n'est en fait qu'un prétexte à vider une querelle qui met aux prises le Duc de Brabant, les Comtes de Namur et de Luxembourg, contre l'Évêque de Liège, de qui la Cité cinacienne dépend depuis l'an 1000. La Guerre de la Vache est peut-être la plus caractéristique des querelles de droit féodal qui provoquaient de longues et sanglantes luttes entre populations soumises par leur situation à deux suzerains différents.
L'épisode de la Guerre de la Vache prouve l'existence d'une ou plusieurs foires annuelles, attirant non seulement des habitants de la Mairie de Ciney, mais aussi des autres baillages.
Il est donc logique d'en déduire qu'il y avait aussi des étrangers acheteurs et vendeurs, et qu'on avait l'habitude de les voir circuler avec du bétail. Un marché public, officiel ou non, se tenait bel et bien dans les murs cinaciens !

Avant 1321, les marchés se tiennent dans l'actuelle rue du Condroz jusqu'au niveau de la rue Concorde. Tout le côté sur lequel sont élevées les nouvelles murailles de défense offre un emplacement idéal pour l'exposition du bétail.

A l'époque féodale, le Condroz tout entier est un pays en marche, c'est-à-dire doté d'un régime juridique propre. Le développement de plusieurs centres commerciaux s'explique par le fait que là où se réunissaient d'importantes assises judiciaires se tenaient certaines foires. Ces centres commerciaux attiraient naturellement les Lombards.
A ce propos, l'obituaire du chapitre de Ciney signale qu'avant le XIVème siècle, existait à Ciney au moins une maison de Lombards. Celle-ci se situait à proximité de la porte de Namur ou d'Alvaux.

  • Au XVI° siècle

Au XVlème siècle, Ciney est une petite cité entourée d'une enceinte fortifiée en raison de sa position dangereuse aux limites du territoire liégeois. Seules les actuelles rues du centre du Condroz, du Cordonnier et la Place du Marché sont habitées. La cour Monseu n'est qu'un ensemble de jardins potagers. Les maisons, dont la plupart sont faites de torchis, se composent d'un rez-de-chaussée et d'un étage. Elles sont séparées les unes des autres par des jardins et des bâtiments ruraux. Les rues, quant à elles, sont étroites, presque démantelées et sales.

Les métiers de Ciney sont ceux que l'on retrouve dans les bourgades rurales : deux tisserands, un couvreur, un mercier, deux brasseurs, un savetier, un charron, un boulanger, un avocat et deux sergents de la Haute Cour.
On remarque ainsi que les foires n'ont pas encore influencé d'une manière marquante la vie cinacienne.
C'est le 15 mai 1534 qu'on trouve la première trace officielle des foires avec le record touchant le tonlieu qui s'y lève.

Ces foires ont lieu aux époques suivantes :

  • Le lendemain de l'Ascension
  • Le jour de la Saint Remy (14 octobre)
  • Le lendemain de Saint Jude et Saint Simon (29 octobre)

S'il faut attendre le XVIème siècle pour trouver les premiers documents officiels concernant les foires, c'est que les autorités et les Princes auront donné alors une existence légale à des marchés existant depuis longtemps.
A la fin du XVIème siècle, les journées de foires semblent avoir pris une ampleur suffisante pour obliger l'Échevinage de Ciney à modifier une coutume très ancienne.
Certains lundis de l'année se tiennent les "plaids", réunions qui rassemblent sur l'emplacement du Vieux Perron, près de l'ancienne poste, tous les chefs de famille. Ceux-ci discutent des affaires de la cité et prennent connaissance de certaines décisions des autorités politiques et judiciaires.

  • Au XVII° siècle

Au XVlème siècle, la capitale du Condroz est toujours la petite ville dont nous avons parlé plus haut. Ses arbalétriers font régulièrement le guet aux créneaux des tours et montent une garde attentive aux trois portes : celles de la Chinure, d'Alvaux, et d'En Haut.

En 1695, il existait à Ciney exactement 5 foires :

  • Le lendemain de l'Ascension
  • Le lundi après la Saint Jean-Baptiste
  • Le jour de Saint Remy
  • Le lendemain des Saints Jude et Simon
  • Le lundi avant Pâques fleuries

En 1770, les foires sont au nombre de six, et l'une d'elles est connue sous le nom de foire de la jeunesse : la "Foire des Aurbastris".

  • Au XIX° siècle

En 1810, la foire la plus populaire de l'année est celle du 14 avril. Les accotements de la grand-rue sont encombrés d'échoppes et d'objets exposés à même le sol. On y vend de tout, sauf des aunages. A cette époque, le succès des foires cinaciennes est essentiellement dû au fait qu'on ne perçoit pas d'impôts sur la vente ou l'exposition du bétail et des marchandises.

Comme bétail, on comptait plus ou moins 300 chevaux qui se vendaient de 200 à 350 francs et 250 bêtes à cornes dont le prix moyen était de 100 francs.

Le marché aux cochons se localisait alors sur la place publique et vers Notre-Dame-de-Hal. Ce marché était déjà fortement approvisionné.

Au cours du XIXème siècle, le succès de ces journées commerciales grandit sans cesse.

  • En 1830, la ville et ses hameaux comptent 242 maisons abritant 1426 habitants.
  • En 1840, un nouvel agrandissement de la ville s'avère nécessaire. Cette date marque le début de l'expansion démographique qui caractérisera la Cité jusqu'au début du XXème siècle. Le nombre de foires augmente également.
  • En 1857, est créé un marché aux légumes, fruits, beurre, poissons et volailles. Le marché se tient les mardi et vendredi de chaque semaine sur la place du Bonbonnier.
  • En 1858, le chemin de fer est créé et il contribue certainement au renom des foires cinaciennes et ce bien au-delà de nos frontières. Le premier train en provenance de Namur arrive le 1er mai 1856 à 12 heures. L'inauguration officielle de la voie ferrée du Grand-Luxembourg a lieu le 27 octobre 1858, et, à cette occasion, Ciney a l'honneur de recevoir S.M. le Roi Léopold 1er.
  • Le 16 janvier 1865 a lieu le déplacement de la foire aux porcs vers le haut de la ville.
  • En 1867, on compte 16 foires annuellement, plus nombreuses en début et en fin d'année.
  • En 1880, les chevaux sont alignés sur deux kilomètres. Quelques milliers de marchands participent aux transactions, représentant différentes nationalités: allemands, anglais, autrichiens, français, hollandais, hongrois et italiens.
  • En 1890 la gare est agrandie. Les foires sont au nombre de 19 à date fixe.
  • Au XX° siècle

Au début de ce siècle, on constate que Ciney prend une extension exceptionnelle. La population ne cesse d'augmenter car de nombreux étrangers attirés par les foires viennent s'installer. Le nombre d'habitants en 1900 est de 4703, en 1905 il est de 5098, pour ensuite atteindre 5263 en 1910. Cet accroissement de la population entraîne en toute logique une activité importante dans le domaine de la construction et plus précisément d'hôtels et d'écuries.
De 1910 à 1930, le nombre d'habitations passe de 1275 à 1500.

La première guerre mondiale va interrompre l'activité de tous les marchés et donc des foires pendant plusieurs années.

Dès 1919, l'armée anglaise vend une partie de ses chevaux et de ses mules. Puis, vers 1921, les foires reprennent leur physionomie d'antan et les marchands français sont les premiers à revenir. En 1923, deux nouvelles foires sont instaurées, l'une le premier lundi de mars et l'autre le deuxième lundi d'avril.
Quand éclate la seconde guerre mondiale, les foires sont purement et simplement supprimées.

Le mois de juillet 1946 marque la reprise des foires cinaciennes. On note la disparition du marché aux chevaux en 1947.
Au cours des années suivantes, on atteint en moyenne le chiffre de six mille bêtes à cornes exposées annuellement.

Très vite, la Cour Monseu s'avère trop exiguë ce qui, en 1966, décide les Administrateurs Communaux à faire construire un marché couvert non loin de la place Monseu, près de Saint Quentin.

En 1976, le Collège Echevinal se retrouve confronté à de nouveaux problèmes. En effet, le marché prend une importance de plus en plus grande, et la ville est à nouveau obligée d'investir. Aussi, l'année 1977 est marquée par la décision des autorités communales d'implanter hors de la ville un nouveau marché couvert de grande capacité. Le nouveau marché couvert est situé dans le parc industriel de Biron, sur un terrain de vingt-six hectares comprenant notamment neuf hectares de parking et voies d'accès.
L'ensemble du coût de l'opération s'élève à 457 millions de francs en 1985.

Actuellement, le marché couvert de Ciney reste le plus gros marché bovin d'Europe.

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